Dame Lune

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17 mai 2008

Premiers biberons...

Cornet03On a longtemps cru que le biberon remontait à l’antiquité, il n’est d’ailleurs pas rare d’en trouver exemples en terre cuite ou en verre au détour d’un musée. Erreur d’interprétation semble-t-il… Les premiers biberons dateraient plutôt du Moyen-Age. Bien que marginal face à l’allaitement, son usage pouvait s’imposer suite au décès de la mère, au tarissement de son lait, à une mauvaise conformation des mamelons, ou plus tard à la poussée dentaire. Sans parler de cette croyance qui incitait à n’allaiter ni les deux ou trois premiers jours de la vie ni pendant une grossesse, car le colostrum comme le lait de la femme enceinte étaient jugés l’un nocif, l’autre indigeste.

La solution ? Le cornet, une corne de vache percée que l’on remplissait à l’aide d’une « chevrette », un petit vase à goulot tubulaire qui pouvait lui-même faire office de biberon lorsque l’enfant était assez âgé pour savoir le tenir.

On y versait principalement du lait de chèvre, plus digeste que tout autre, ou le fameux « lait d’ânesse boully » dans les milieux nobiliaires. Lorsque l’enfant grandit, c’est du lait de vache qui lui est donné. Sophistication suprême : que la chèvre ou la brebis ait brouté des violettes, indique-t-on au XIVe siècle…

Le biberon peut aussi servir à donner au bébé de l’eau de source et du jus de fruit. Une petite princesse du XVe siècle, Marguerite de Bourgogne, reçoit ainsi à l’âge de 4 mois de « l’eau de mûre franche ».

Quant aux femmes de Salernes, elles endorment leurs enfants à l’aide de semences de pavot blanc mélangées avec leur propre lait qu’elles font couler dans le biberon en se pressant le sein...

Illustration : La cuisine des maigres (détail), gravure d'après Peter Bruegel (1563), in "Biberons du Dr. Dufour".

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24 octobre 2007

Nourrice idéale...

Et vous, sur quels critères avez-vous choisi la nourrice de vos enfants ?

Savez-vous qu’autrefois, la nourrice idéale devait avoir entre 25 et 30 ans et ressembler le plus possible à la mère car, croyait-on, son lait continuait à façonner l’apparence physique et l’esprit du bébé… Elle devait en outre être en bonne santé, avoir un tempérament gai pour ne pas attrister l’enfant, être suffisamment intelligente pour ne pas le rendre sot. Il lui était interdit d’être enceinte afin de ne pas altérer son lait (un leitmotiv pendant des siècles que l’impureté de la femme enceinte…).
Tous les milieux engageaient une nourrice, même les familles rurales dès lors qu’elles avaient les moyens de la rémunérer. Bien sûr, sa tâche principale consistait à allaiter 1 à 3 ans l’enfant dont elle avait la charge. Mais elle jouait aussi un rôle essentiel dans l’éducation et le soutien psychologique des petits, véritable mère de substitution. Et il n’était pas rare que naissent de puissants liens affectifs entre les enfants et leur nourrice, au point de voir les parents s’en plaindre, par crainte d’être supplantés dans le cœur de leurs enfants…

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10 octobre 2007

A quoi jouaient les enfants d'autrefois ?

Fouilles archéologiques, fresques antiques, enluminures médiévales prouvent que les enfants utilisent des jouets depuis les temps les plus reculés… Le hochet est l’un des plus vieux du monde : il est d’abord en argile ou en métal, en forme d’animal, et renferme de petits cailloux ou des grains que l’on fait crépiter. A Rome, les enfants apprennent à marcher avec l’ancêtre du youpala, ils jouent à la balle, à colin-maillard ou aux devinettes. Au Moyen-Age, les enfants de l’aristocratie possèdent des soldats de plomb, des dînettes d’étain, des poupées sculptées parées de beaux habits. Quant aux plus pauvres, ils se confectionnent des jouets avec les moyens du bord : poupées de paille et de chiffon, bâton faisant office de cheval, osselets, petits cailloux, pots de terre en guise de ballons, noix en guise de billes… Spectacles de marionnettes pour les enfants des villes, fêtes et danses paysannes pour ceux des campagnes. Et pour tous, les éternelles boules de neige l'hiver et bulles de savon l’été !

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06 octobre 2007

Amour parental aux siècles passés... Plein d'idées fausses !

On pense souvent que nos ancêtres n’avaient que peu ou pas de considération pour l’enfance. Avant la fin du XIXe siècle, les parents n’auraient porté qu’un intérêt moindre à leur progéniture et encore faut-il attendre la deuxième moitié du XXe siècle pour observer un réel intérêt au monde des petits. Le Siècle des Lumières aurait pensé l’enfance comme un monde adulte en miniature, le Moyen Age se serait contenté de la mettre au travail dès son plus jeune âge, quant à l’Antiquité, nos représentations la dépouillent de toute trace d’enfance.

Des idées entretenues par certains historiens qui se basaient sur la rareté des sources pour conclure au désintérêt d’une époque face à l’enfance. D’importants travaux de recherche nous ont depuis révélé depuis l’amour profond qu’éprouvaient par exemple les parents médiévaux pour leurs enfants. Les preuves de complicité, de gestes tendres et de souci éducatif ne manquent pas. Tel père laisse ses enfants s’amuser près de lui et ramasser les glands tombés du chêne qu’il est en train d’abattre, telle mère blottit son petit dans ses bras et fredonne en le caressant. Nombre de témoignages évoquent la douleur des parents à la mort de leur enfant ou lors d’une séparation. Ainsi cette femme cathare, condamnée pour hérésie à la fin du XIIIe siècle. Emmenée par les inquisiteurs, elle sait qu’elle ne reverra jamais son petit garçon : « Elle voulut le voir avant de s’en aller ; le voyant, elle l’embrassa ; alors l’enfant se mit à rire ; comme elle avait commencé à sortir un petit peu de la pièce où était couché l’enfant, elle revint de nouveau vers lui ; l’enfant recommença à rire ; et ainsi de suite, à plusieurs reprises. De sorte qu’elle ne pouvait parvenir à se séparer de l’enfant. » Une scène terrible et émouvante qui en dit long sur les sentiments d'une mère médiévale pour son enfant et sur le déchirement que représente pour elle cette séparation…

Posté par Damelune à 15:16 - La petite histoire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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